vendredi 30 novembre 2012

Un secret de l'Eglise, à divulguer, à partager,...

Le journal La Vie en a parlé cette semaine sous la plume de Natalia Trouiller dans la rubrique "Matinale chrétienne" :
Le cardinal ghanéen Peter Tuckson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a ainsi déclaré que "la doctrine sociale de l’Église ne devrait plus être un secret." Pour la plupart des gens et fort probablement  pour de nombreux catholiques, cette doctrine sociale de l’Église reste mal connue. Le cardinal Tuckson en propose une définition simple et claire : "ce que je suis, avec ma foi chrétienne, invité à témoigner de l'amour du Christ, comment puis-je l'engager dans l'ordre social, la vie politique et économique."

Cette question est en fait posée depuis le christianisme des origines au sujet de la foi et des actes. La doctrine sociale de l’Église ne sépare et n'oppose pas les deux, au contraire elle souligne la complémentarité des deux et cela, conformément aux écritures : "Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ? Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ;  si l'un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, celui qui n'agit pas, sa foi est bel et bien morte." (Jacques 2, 14-17).

Cette doctrine n'est pas tirée seulement du Nouveau Testament. Elle traverse toute la Bible car la pensée religieuse et sociale des prophètes s'est construite autour du thème de la justice. "La justice est à la fois un thème religieux et un thème social. Le saint dans l'Ancien Testament, c'est le juste. Le péché c'est l'iniquité. Ces équivalences sont pleines de sens."*

Et comme les prophètes, et conformément à l'enseignement de Jésus qui est venu accomplir la Loi et non l'abolir,  l’Église met en avant le droit des plus faibles, des plus petits, des plus fragiles.

La démarche Diaconia 2013 participe de la doctrine sociale de l’Église : il s'agit pour tout croyant de s'investir dans le service du frère (ce que l’Église appelle la diaconie) sans déléguer aux divers services d’Église tels que le Secours catholique ou le CCFD.

Comme l'ont dit les évêques de France en 2009 : "pourquoi ne pas préparer ou prolonger la célébration eucharistique par un « ministère de la visite » auprès des isolés ou des voisins dont la pauvreté muette a besoin d'un geste fraternel ?" ainsi qu'"En ce temps de crise économique et sociale, les pauvretés d’aujourd’hui sont peut-être moins nouvelles que radicales par suite de la détérioration fréquente du tissu familial, l’insuffisance des logements, l’augmentation du chômage, la dégradation du prix de vente des produits agricoles. Dureté des conditions de travail, solitudes, addictions, fragilités psychiques, relationnelles ou culturelles accentuent chez beaucoup le sentiment d’exclusion. […] Nous appelons les catholiques en France afin qu’ils proposent des initiatives concrètes et adaptées, qui soient à l’origine d’un «vivre autrement»"

A cette fin, il existe des  parcours de formation spirituelle et pratique pour mettre en œuvre la Doctrine sociale de l’Église Catholique au quotidien. Ce sont les parcours Zachée** qui tirent leur nom de la rencontre de Jésus avec Zachée : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd’hui demeurer chez toi" (Luc 19, 5).

Et le service du frère ou des plus pauvres est au cœur du message évangélique, Jésus nous a bien avertis : "ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait." (Matthieu 25,34-40)



 
* Pierre Bigo, la doctrine sociale de l’Église, PUF, 1964

** que la personne qui m'a fait découvrir ces parcours soit ici remerciée, elle se reconnaîtra..
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